Engager un étudiant : le contingent, la Dimona, et ce qui se surveille
Mis à jour le 20 août 20266 min de lecture
L'étudiant coûte peu tant qu'il reste dans son contingent de 650 heures. Une heure au-delà, et c'est la cotisation ordinaire qui s'applique — à l'employeur aussi. Le compteur se surveille donc à deux, et il se surveille en heures, pas en impressions.
Le contrat d'occupation d'étudiant
Un étudiant s'engage par un contrat d'occupation d'étudiant écrit, établi au plus tard au moment de l'entrée en service, en deux exemplaires. Il est à durée déterminée et comporte des mentions obligatoires : identité des parties, date de début et de fin, lieu d'exécution, horaire, rémunération, et lieu d'hébergement s'il est logé.
Une période d'essai des trois premiers jours de travail s'applique de plein droit : pendant ces trois jours, chacune des parties peut mettre fin au contrat sans préavis ni indemnité.
L'étudiant a droit à la rémunération prévue par votre commission paritaire pour la fonction exercée, avec les barèmes jeunes éventuellement applicables. Le statut « étudiant » allège les cotisations, jamais le salaire dû.
Le contingent : ce que c'est, et pourquoi il se surveille
Un étudiant dispose chaque année civile d'un contingent d'heures durant lesquelles son travail échappe aux cotisations sociales ordinaires : ni lui ni vous ne payez l'ONSS classique, seulement une cotisation de solidarité, nettement plus légère.
Depuis le 1er janvier 2025, ce contingent est de 650 heures par année civile. Il en valait 475 jusqu'en 2022, puis 600 en 2023 et 2024 : si vous avez un chiffre en tête, il est probablement périmé. Le plafond en cours et, surtout, le solde personnel de l'étudiant se lisent sur Student@work, le service officiel de l'ONSS — chaque étudiant y voit son compteur et peut vous en fournir une attestation.
Au-delà du contingent, l'occupation reste parfaitement légale : elle bascule simplement dans le régime ordinaire, avec les cotisations patronales complètes. Ce n'est pas une infraction, c'est un surcoût — d'où l'intérêt de savoir quand la bascule arrive avant de publier le planning d'août.
La Dimona STU, heure par heure
L'occupation d'un étudiant se déclare en Dimona de type STU, avant le début des prestations, avec le nombre d'heures prévues sur le trimestre. C'est cette déclaration qui réserve les heures dans le contingent et qui détermine l'ordre des priorités entre employeurs : le premier à déclarer est le premier servi.
Si l'étudiant preste finalement moins que prévu, la Dimona doit être rectifiée — sinon les heures réservées restent bloquées dans son contingent au détriment de son employeur suivant, et de lui-même. Rectifier est aussi un service qu'on rend à l'étudiant.
Voir aussi notre guide dédié : la Dimona, qui déclarer et quand.
Ce qui s'applique en plus, et qu'on oublie
- Âge minimum : 15 ans et avoir suivi les deux premières années de l'enseignement secondaire, avec des règles renforcées pour les mineurs.
- Travail de nuit et jours fériés : les jeunes travailleurs sont protégés par des interdictions et des dérogations sectorielles précises. En horeca, vérifiez la CCT avant de poser un service qui finit après minuit.
- Repos : les 11 heures entre deux prestations valent aussi pour un étudiant qui enchaîne deux jobs.
- Accident du travail : assurance obligatoire, sans exception liée au statut.
- Fiche de paie et compte individuel : les documents sociaux sont les mêmes que pour un CDI.
Suivre le compteur sans le compter à la main
Le compteur qui compte est celui de l'ONSS, sur l'année civile et tous employeurs confondus. Mais celui que vous pouvez tenir — les heures prestées chez vous — suffit à voir venir le mur, à condition d'être tenu en heures réelles et non en heures planifiées.
Dans Northframe, chaque employé de type Étudiant porte un compteur d'heures sur l'année civile, alimenté par le pointage plutôt que par le planning, et une alerte apparaît sur sa fiche à l'approche du plafond. Le planning d'été se monte alors en sachant qui a encore de la marge — plutôt qu'en la découvrant sur la facture du secrétariat social.